Bullshits jobs
Un documentaire qui explore avec humour et sensibilité notre rapport au travail et ses effets sur la santé.
Author :
Flore
Lecture : 5 min
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Le fabuleux monde de l'entreprise
Ou quand le travail perd son sens
Un documentaire qui traite avec humour, profondeur et sensibilité de nombreuses questions liées au travail et à ses effets sur la santé. Si vous n’avez pas le temps de le regarder, voici les idées clés, agrémentées de quelques compléments de ma part 😊
Quand l’individu devient « le problème »: les personnes victimes d’un burn-out pensent souvent qu’elles sont responsables de ce qui leur arrive. C’est ce que l’on appelle la « psychologisation » : rendre responsable un individu alors que les causes sont en réalité systémiques ou organisationnelles.
Le sourire comme injonction: le tabou autour des émotions au travail et l’obligation implicite d’afficher que « tout va bien » rendent difficile l’expression de son vécu. L’individu peut alors se retrouver encore davantage isolé face à ses difficultés.
L’idée d’être renversé par une voiture pour ne pas aller travailler a été une option souhaitée par deux des personnes interviewées.« Vous avez de la chance d’être ici »: certaines entreprises présentent leurs salariés comme des « élus », choisis parmi une masse de candidats. Un discours qui peut amorcer une logique où l’on attend toujours davantage d’eux, parfois jusqu’à l’épuisement professionnel.
Manager ne s’improvise pas: on devient souvent manager en raison de son ancienneté ou de ses bons résultats. Deux critères qui n’ont pourtant pas grand-chose à voir avec les compétences nécessaires pour accompagner une équipe.
Et pourquoi devenir manager ? Souvent pour le salaire et la reconnaissance sociale associés au poste. Mais cela pose une autre question : faut-il nécessairement mieux rémunérer les managers que les opérationnels, qui contribuent directement à la production ?
Réorganiser pour… réorganiser: restructurations, rationalisations et optimisations ne répondent pas toujours à une réelle nécessité économique. Elles peuvent aussi servir à montrer qu’une nouvelle direction « fait bouger les choses ». Pourtant, 60 % des mesures de réorganisation n’apporteraient aucune amélioration.
Valeur sociale ≠ valeur économique : il existe un fossé entre ce qui nous semble précieux et utile à la société et ce que le marché reconnaît financièrement comme ayant de la valeur.
Les métiers utiles sont-ils condamnés à être mal payés ? : auxiliaires de puériculture, ASH… Certains des métiers produisant le plus de valeur socialement sont aussi parmi les moins rémunérateurs. Une question traverse alors beaucoup de mes accompagnements :
Suis-je prêt·e à être mal payé·e pour exercer un travail qui me plaît et que je considère comme socialement utile ?
Qu’est-ce qui nous permet de nous sentir bien au travail ?
Quelques facteurs fondamentaux reviennent encore et encore :
Une charge de travail gérable : pouvoir accomplir son travail sans être continuellement en surcharge.
Des marges de manœuvre : disposer d’une réelle autonomie dans la manière d’exercer son métier.
De la reconnaissance : à la fois sociale et financière.
Un sentiment d’équité : percevoir les règles, les décisions et les relations au sein de l’organisation comme justes.
Et pour finir…
Le documentaire se termine sur cette conclusion de David Graeber, anthropologue à l’origine de la notion de « bullshit job » :
C’est en étant livré à soi-même que l’on est le plus utile au monde.
